| Flux, claude Closly, 15 avril 2004 au Palais de Tokyo |
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in situ au Palais de Tokyo
L'œuvre récente de Claude
Closky s'attache à l'hyperconsommation des signes, et particulièrement des
signes publicitaires, parmi lesquels on inclura aisément le vocabulaire
graphique de l'économie, pour autant qu'on veuille bien accepter que sa
signification, sa capacité de représentation efficace d'une réalité, s'efface
derrière une abstraction divertissante, qui produit un effet tapisserie. Closky
valorise ces signes en ne prenant en compte que l'énonciation des signifiants,
et leur fonction dévorante sur la réalité, faisant disparaître tout message au
profit d'un motif décoratif, dont l'infinité des variations ne produit qu'une
reproduction infatigable du même. Flux utilise de manière simplifiée,
réduite à l'édulcoration logotypique de formes héritées d'une abstraction
géométrique moderniste (cercle et ligne), un des motifs caractéristiques de
l'économie contemporaine, consistant à représenter les déplacements, matériels
et immatériels, entre des masses. En extrayant ces flux de toute intention et de
tout contexte, Closky rend leurs mouvements intransitifs jusqu'à l'absurde, mais
montre aussi comment ils érigent en valeur, sans qu'elle soit questionnée ni
remise en cause, les notions de mobilité, d'adaptabilité, de flexibilité…
Par-delà la surface lisse des sphères et des vecteurs, la fluidité de leur
animation tranquille, transparaît la violence d'une réalité savamment gommée de
ces représentations invariablement positivistes : la violence de l'effacement
des causes et conséquences possibles de ces échanges.
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